Carnet de route

Grimpe avec les edelweiss

Le 15/08/2018 par Hélène Barral

Pour gravir le granite
Aie confiance en l’adhérence
Cent quartz acérés
Viennent ciseler tes appuis
Et t’assurent de ne pas déraper

Les doigts crispés sur les cristaux,
Tentant d’échapper à la gravité,
Le temps se suspend
Jusqu’au rétablissement

La brise murmure
la fin de l’été
Pendant que t’assure
le second de cordée

Milles Edelweiss
Valsant sur le rocher
Agrémentent ta montée
Tel autant d’étoiles argentées

VW et HB, Tête de la Maye, 14 août 2018

Samedi 11 août, 5 grimpeurs de la garrigue et d’ailleurs s’apprêtent à se rafraîchir en Oisans. L’histoire commence en douceur : la montée au refuge du Soreiller, qui quand on est bien chargés, constitue un bel échauffement. Adieu chant des cigales, calcaire, genêt et couverture téléphonique. Bienvenue dans le monde du granite. Quelques caprinés, des asters et partout le minéral.
Il est quatre heure, l’heure de goûter au rocher local : la dalle de granite. Les contreforts de la Dibona offrent pour cela de petites voies appétissantes. Pour les grimpeurs de calcaire que nous sommes devenus, le style est un peu déroutant, en rien dégoûtant.

Dimanche, une première cordée se lève à l’aube pour remonter les sources du silence. Une belle grande voie moderne qui s’élève jusqu’au sommet de l’Aiguille du Plat de la Selle. Pressés de nous conter leur quête, ils s’interrompent à la moitié (déjà plus de 400 m d’escalade, bravo !). On attend le récit de la suite, si ils veulent bien sortir de leur silence...
La seconde cordée s’en va pour Remise à Flo, sur les Pointes de Burlan. De granitique, le rocher devient gneiss puis feuillets schisteux et verticaux. L’escalade d’abord dalleuse est alors plus athlétique et aérienne. Enfin, après quelques longueurs et quelques épreuves, la Meije et le vallon de la Selle apparaissent.

Pour la Dibona on remontera, les projets du lundi tombent à l’eau du fait de la météo. Humides, nous redescendons dans la vallée. Finalement, entre les gouttes survient une belle éclaircie. Nous nous dégourdissons sur la Petite Rochaille, une école d’escalade qui surplombe le hameau de la Bérarde. La météo capricieuse est aussi l’occasion de faire ce que nous n’avions ni programmé ni imaginé comme aller rencontrer un garde-moniteur du Parc et l’écouter parler des glaciers. Comment ont-ils façonné les paysages sous nos yeux ? Qu’en est-il de leur futur proche ?

Mardi. Les brumes matinales finissent par s’évanouir. C’est l’occasion d’aller découvrir les dalles moutonnées de la Tête de la Maye. Une cordée dans Maye Friend et l’autre dans Pain Grillé. Une belle voie où chaque longueur a son caractère et chaque relais ses edelweiss. Ces deux voies débouchent sur l’antécime de la Maye, depuis laquelle on assiste aux premiers baillements du soleil.

Mercredi, déjà le dernier jour. Une cordée part dans Pourquoi pas, sur les dalles de l’Encoula. Une voie bien homogène en niveau mais variée gestuellement. La première longueur et sa traversée dalleuse pique un peu mais laisse un bon souvenir. D’autres montent à pied sous la Grande Aiguille ou du coté de la Pilatte pour se goinfrer de framboises et prendre un peu de hauteur. Un petit bain dans le Vénéon rafraîchit nos neurones et apaise nos raideurs musculaires. Vient alors l’heure de s’attabler à l’Auberge de la Meije pour le banquet final.

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