Carnet de route

Raid à skis en Suisse, dans le Haut Valais

Le 09/05/2013 par Daniel Auclair, Didier Puech, Geoffroy de Nuchèze, Eric Delaperrière

Au programme une semaine de ski-alpinisme dans le Haut Valais: la "Haute Route Impériale", du 4 au 12 mai. Ci-dessous 3 versions complémentaires de compte-rendu:

 

* Daniel : La nivo-météo n'était pas des meilleures. Départ retardé d'un jour, montée au refuge de Turtmann le lundi un peu longue, par un temps "mitigé" (la pluie s'est arrêtée par moments). Mardi Brunegghorn par grand beau, poudre en haut. Mercredi traversée vers la cabane de Tracuit, et comme les prévisions pour la suite étaient "moyennes", poursuite jusqu'au sommet du Bishorn, encore grand beau et poudre. Jeudi descente (un peu longue, pas de commentaires sur la neige...) jusqu'à Zinal et retour Montpellier pour 23h00. Bilan: 2 très beaux sommets, un peu éprouvant physiquement...

Pour quelques détails complémentaires, ainsi que d'autres photos:

http://www.skitour.fr/sorties/bishorn,50230.html

 

* Didier : Il s’agissait pour moi de mon premier raid à skis avec le CAF de MONTPELLIER. Je tiens à souligner la qualité de l’organisation de Daniel AUCLAIR et la bonne humeur des participants malgré une première journée relativement éprouvante et pluvieuse. Nous sommes arrivés trempés au refuge Turtmann mais avons heureusement pu faire sécher nos affaires durant la nuit. Cette haute route impériale est fascinante et offre des vues magnifiques sur ces géants du Valais, à travers des paysages glaciaires de toute beauté. L’ascension du Bishorn (4153 m) dans l’après-midi, malgré la fatigue de la première partie de journée, fut agréable  et récompensée par une très belle descente. J’espère pouvoir  retourner dans ce secteur pour terminer le raid initialement prévu et gravir d’autres 4000.

 

* Geoffroy :

4h45, Turtmannhütte ; les frontales s’agitent en un ordre incompréhensible, balaient de leur faisceau d’argent les couloirs tels des mineurs du ciel; 5 Uhr, Frühstück. Silence. Thé chaud ; cliquetis des baudriers, les sacs sont chargés ; le jour se lève. Quelques mots, c’est le départ. Les mineurs du ciel s’éloignent. Là-bas, le pierrier passé, le couloir de Gassi avale les grimpeurs qui s’élèvent, puis les métamorphose en autant de points noirs ; plus de veste rouge, ni de pantalon canari ou de casque orange, plus de sac bleu ni de baudrier, plus de piolets, de bâtons, ni de skis ; mais un chapelet de diamants inaltérables qui dessine une trace éphémère dans l’immense blanc ; caravane en lente progression sur les cimes que les nuages tentent en vain d’effacer ; caravane happée dans le désert de crêtes emmêlées.

Attente, contemplation.

Le jour se passe ; activité journalière et répétitive dans le refuge ; la neige là devant se réchauffe, c’est l’heure du ruisseleur de fonte, du transfoneige, du fondateur de gouttes, du fouraneige d’horn, du désaltère des glaces. 200 litres si soleil le veut.

Le glacier brille, brûle, réverbère ; le glacier et le refuge se font face.

Les heures s’écoulent.

Longue attente avant qu’apparaissent des mouvements de retour en haut du couloir de Gassi. Hésitation ; puis en ondes vertigineuses, dans la pente, se lancent ces points noirs qui redeviennent subitement plus humains, reconnaissables à leur geste, à leur style. Puis disparaissent de nouveau pour un instant dans un creux, pour en ressortir, marcheurs des neiges, les visages reflètent l’aventure des hauteurs.

Des mots, un récit, un répit.

Alors que l’homme revient devant sa bière, qu’il revit son épopée dans les vapeurs de sa fatigue, qu’il couche ses aventures dans son carnet de voyage pour dire au monde avoir cru effleurer le doigt de Dieu de cette chapelle impériale à travers les dentelles nuageuses des cimes agitées, la montagne glisse lentement dans l’ombre, dans la pénombre silencieuse; c’est la nuit ; la moraine solitaire, oubliée du glacier, pleure des cailloux, autant de sanglots nostalgie d’une langueur passée du temps où la langue glacée venait lui lécher les pieds.

 

Un jour nouveau, 4h45, les frontales, le thé chaud ;

Couloir de Gassi en crampons pour tenir la montagne à ses pieds ; cheminement à travers les dunes de neige ; soleil brûlant. Lente progression sur le glacier ; encordement ; montée vers la cabane de Tracuit qui surgit, vaisseau conquérant dressé en plein vent sur la crête rocheuse, entre deux vertiges.

11h30 refuge ; au dessus de la porte, la Vierge et l’Enfant ; année 1929.

Le temps qu’il fait, le temps qu’il va faire ; reste le temps qu’il faut pour s’élancer vers le Bishorn. Jusqu’au sommet pour les plus vaillants ; jusqu’au dessous du col pour les adeptes de la contemplation !

Retour au refuge qui ne nous a pas quitté de vue.

Deux mondes sur cette arête; celui de l’ancien en bois dont les craquements nocturnes racontent l’histoire et les épopées de plusieurs générations d’alpinistes ; le nouveau à l’alu brillant, au profil ambitieux, prêt à relever le défi dès ce printemps.

 

Un jour de retour ; 7h ; thé chaud ; Descente à ski ; prudence glacée dans ces premiers virages gelés ; affleurement de rochers noirs. Tracuit décolle dans le ciel ; la crête s’élève ; la vallée glacière somptueuse de Zinal en contrebas. Rhododendrons enneigés ; sentier jusqu’à l’auberge de Zinal.

 

* Eric : reportage photos. Ci-dessous et sur http://www.skitour.fr/sorties/bishorn,50230.html







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